
Du bon foin de nos prairies permanentes naturelles pour nos veaux et vaches lors de l’hiver prochain
Du bon foin, ça présente des avantages pour la santé animale, la qualité des produits, et même pour l’environnement. Mais, il y a un revers à la médaille
Le bon foin, c’est, juste, de l’herbe séchée au soleil.
Le foin de nos prairies naturelles permanentes sont composés de nombreuses espèces ; des graminées comme le ray grass pour l’énergie, des légumineuses et principalement du trèfle pour la protéine, un cortège de dicotylées ( pissenlits, renoncules, plantains, ..) pour la fibre, les minéraux et les oligo éléments. Ca semble intéressant, mais le revers de la médaille, c’est une teneur en proétéine et en énergie par kg de matière sèche nettement inférieure aux boules enrubannées, aux ensilages. ET à fortiori quand c’est produit sur des prairies temporaires intensives. ( par kg de ms – Foin 0,65 unité énergie et 100 g de protéine brute – ensilage d’herbe 0,80 unité énergie et 150 d de proétéine brute)
Toutefois, le foin a un effet santé indéniable, notamment par son apport de fibres qui favorisent la rumination même chez les plus jeunes animaux. Or, les veaux et les vaches sont des ruminants. Avec les produits » ensilages », les vaches peuvent souffrir de pathologies digestives comme du météorisme ( production excessive de méthane dans le rumen) et de l’acidose. Notez, aussi, que certains évoquent les bienfaits de tanins et huiles essentielles présents dans certaines dycotylées prairiales dont le lotier corniculé, l’achillée millefeuille.
Produire de la viande avec du foin requiert de faire la choix de la qualité plutôt que de la quantité. Comme évoqué ci dessus, les faibles teneurs en énergie et en protéine du foin n’autorisent pas des croissances rapides des animaux et invitent à faire le choix de races rustiques , Salers, Aubrac, Highland, Angus, .. qui ont encore cette capacité à ingérer des fourrages fibreux. Les croissances attendues chez les jeunes bovins alimentés au foin sont d’environ 800g par jour contre 1200 g par jour avec de l’ensilage ou des boules enrubannées.
Néanmoins, une alimentation » foin » confère une saveur qualitative tant au lait qu’ à la viande , grâce à la présence naturelle d’oméga 3, d’antioxydants. D’ailleurs, certains labels rouges français, dont le « Boeuf des Charolles » certifient les parcours d’élevage » viande au foin ».
Pour l’artisan-éléveur que je suis, le foin possède ce double atout incomparable » sa bonne odeur associée au plaisir gourmand des veaux et vaches lors de chaque distribution » . Ca ne se mesure pas, ça s’apprécie, juste du bonheur.